La France possède l’un des parcs nucléaires les plus importants au monde, avec 57 réacteurs répartis sur 18 sites. Il faut y ajouter les centres de recherche, les usines du cycle du combustible, les installations de stockage et les réacteurs en démantèlement.

Une carte nationale permet de repérer les installations proches de son domicile, mais elle ne peut pas prédire les conséquences d’un accident. Un cercle tracé autour d’une centrale ne constitue pas une frontière magique. La direction du vent, la pluie, la durée du rejet et la nature des matières libérées détermineront les zones réellement touchées.

Consulter des cartes actualisées
Les anciennes cartes statiques vieillissent rapidement. Certaines installations ferment, entrent en démantèlement ou changent de statut. Pour connaître les risques autour d’une adresse, utilisez plutôt plusieurs outils complémentaires :
- Géorisques pour rechercher les risques technologiques autour d’une commune ou d’une adresse
- La liste actualisée des installations nucléaires publiée par l’ASNR
- La carte Téléray pour consulter les mesures du rayonnement gamma ambiant
- Le Réseau national de mesures pour examiner la radioactivité mesurée dans l’air, l’eau, les sols et les aliments
Ces informations doivent être enregistrées avant la crise. Une connexion internet saturée ou coupée transforme rapidement le meilleur site du monde en décoration pour écran noir.
Construire sa propre carte de préparation
Repérez les installations nucléaires situées à proximité de votre domicile, de votre travail, de l’école des enfants et de votre éventuel lieu de repli. Tracez des cercles de 20, 50 et 100 kilomètres uniquement comme repères de planification. Ils ne représentent pas des limites garanties de contamination.
Préparez ensuite plusieurs itinéraires permettant de quitter la zone sans forcément passer par les grands axes. Une route secondaire, un pont ou une station-service peuvent devenir inutilisables. Votre destination doit posséder un bâtiment protecteur, de l’eau, des provisions et se trouver à une distance réellement utile de l’installation concernée.
La direction du vent au moment de l’événement sera déterminante. Lorsque cela reste possible, un déplacement transversal au panache permet généralement d’en sortir plus rapidement qu’une fuite effectuée dans son axe. Cette décision doit toutefois tenir compte des mesures disponibles, des précipitations et de l’état des routes.
Se mettre rapidement à l’abri
Si un rejet est déjà en cours ou si la situation reste incertaine, partir immédiatement en voiture peut exposer davantage qu’un confinement temporaire. Une habitation offre une protection imparfaite, mais nettement supérieure à celle d’un véhicule ou d’une personne restée dehors.
- Entrer dans le bâtiment solide le plus proche
- Fermer les portes, les fenêtres et les arrivées d’air
- Arrêter la ventilation, la climatisation et la hotte aspirante
- S’éloigner des murs extérieurs et du toit
- Privilégier une pièce centrale ou un sous-sol sain
- Écouter la radio et consulter plusieurs sources d’information
- Préparer le matériel d’évacuation sans sortir inutilement
Le calfeutrage avec du plastique et du ruban adhésif peut limiter temporairement les entrées d’air pendant le passage d’un panache. Il ne faut pas transformer la pièce en boîte hermétique pendant des heures sans surveiller son renouvellement d’air.
Partir au bon moment
Une évacuation est surtout efficace lorsqu’elle intervient avant l’arrivée du panache et conduit vers une zone réellement plus sûre. Une personne préparée connaît déjà sa destination, ses itinéraires secondaires et le matériel à emporter.
Si le rejet est en train de passer, quelques heures de confinement peuvent être préférables à un départ au milieu des embouteillages. Après son passage, l’évacuation peut devenir nécessaire si le bâtiment, le terrain ou les ressources locales ont été contaminés.
Il n’existe donc pas de réponse automatique valable pour tous les accidents. Le bon choix dépend du lieu du rejet, du vent, de la pluie, des mesures radiologiques et de la possibilité réelle de rejoindre un meilleur abri.
Les comprimés d’iode
L’iodure de potassium ne constitue pas un médicament antiradiation. Il sature temporairement la thyroïde afin de limiter l’absorption d’iode radioactif. Il ne protège ni contre les autres éléments radioactifs ni contre l’irradiation externe.
Son efficacité dépend fortement du moment de la prise. Il est donc utile de disposer des comprimés adaptés à sa famille, de connaître leur emplacement et de conserver leur notice. Les doses varient selon l’âge et certaines situations médicales nécessitent un avis professionnel.
Disposer de son propre appareil de mesure
Un radiamètre ou un compteur Geiger peut détecter une augmentation du rayonnement ambiant et suivre son évolution. Il faut apprendre à l’utiliser avant l’urgence, connaître le niveau habituel autour de son domicile et comprendre les unités affichées.
Les petits appareils grand public n’identifient pas tous les radionucléides et ne mesurent pas correctement toutes les formes de contamination. Ils constituent un outil d’observation, pas un bouclier électronique capable de rendre une zone sûre.
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Préparer le matériel indispensable
- Une radio autonome avec piles de rechange
- Un radiamètre ou un dosimètre correctement testé
- Des comprimés d’iode adaptés aux membres du foyer
- Des masques FFP2 ou FFP3 pour limiter l’inhalation de particules
- Des gants jetables
- Des sacs résistants pour isoler les vêtements contaminés
- Du ruban adhésif toilé et du plastique épais
- De l’eau et des aliments conservés dans des emballages fermés
- Des vêtements de rechange rangés à l’abri
- Une carte papier avec plusieurs itinéraires préparés
Un masque filtrant peut réduire l’inhalation de certaines particules. Il ne protège pas contre le rayonnement gamma et ne transforme pas une sortie dangereuse en promenade dominicale.
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Se décontaminer après une exposition extérieure
Une personne ayant traversé une zone potentiellement contaminée doit éviter de disperser les poussières dans son habitation.
- Retirer les chaussures et la couche extérieure des vêtements à l’entrée
- Placer les affaires dans un sac fermé éloigné des personnes et des animaux
- Prendre une douche tiède avec du savon et du shampoing
- Ne pas utiliser d’après-shampoing
- Ne pas frotter la peau jusqu’à l’irriter
- Mettre des vêtements propres conservés à l’intérieur
Les légumes du jardin, l’eau de pluie, le lait local et les aliments restés dehors doivent être écartés jusqu’à ce que leur situation soit connue. Les réserves correctement emballées et stockées à l’intérieur seront bien plus simples à sécuriser.
Préparer avant d’entendre la sirène
La carte du risque nucléaire n’est qu’un point de départ. La véritable préparation consiste à connaître les installations proches, suivre les mesures disponibles, posséder un abri correct et disposer de plusieurs solutions de repli.
Le jour où un incident survient, il est trop tard pour découvrir la direction des vents dominants, acheter un appareil de mesure ou chercher une route secondaire. L’autonomie commence précisément par ce travail réalisé lorsque tout fonctionne encore.
Pour aller plus loin : Guide de Survie Nucléaire
Identifier les risques ne suffit pas.
Ce guide pratique explique comment préparer son foyer et protéger sa famille face à un accident ou à une crise nucléaire.