Article actualisé en 2026.
Creek Stewart est un instructeur américain spécialisé dans la survie et la préparation. Habitué à composer des kits dans des boîtes, des pochettes et des contenants improbables, il s’est lancé en 2011 un défi beaucoup plus original : intégrer tout le matériel nécessaire à la survie directement sur un fusil à pompe.
Pas de sac supplémentaire ni de pochette à la ceinture. Tout devait trouver sa place dans la crosse, les poignées ou sur l’arme. Pour réaliser ce projet, il a choisi un Mossberg 500, plateforme américaine robuste, simple et entourée d’un catalogue d’accessoires assez vaste pour transformer un fusil en sapin de Noël tactique.

Cinq besoins à couvrir
Creek Stewart a organisé son équipement autour de cinq besoins essentiels :
- L’eau
- Le feu
- L’abri
- La signalisation
- La nourriture
Le fusil devait donc permettre de chasser, transporter quelques réserves, signaler une position, allumer un feu, traiter de l’eau et construire un abri rudimentaire.
Les vidéos du projet
Le Mossberg 500 comme plateforme
Le Mossberg 500 est l’un des fusils à pompe les plus répandus aux États-Unis. Son mécanisme est simple, les pièces sont courantes et de nombreux fabricants proposent des crosses, poignées, rails et porte-cartouches compatibles.
Dans le projet de Creek Stewart, le fusil conserve d’abord sa fonction principale. Il peut servir à la chasse avec différentes cartouches adaptées au petit ou au gros gibier. L’auteur envisage également son emploi pour défendre le groupe contre une menace humaine ou animale.
Des porte-cartouches ont été fixés sur le côté du boîtier et sur la crosse. En comptant le magasin tubulaire, la chambre et les réserves extérieures, le fusil pouvait emporter jusqu’à 19 cartouches.

Des cartouches de signalisation
Les petites cartouches orange visibles sur la crosse sont des fusées de signalisation conçues pour être tirées depuis un fusil de calibre 12 compatible.
Selon le modèle présenté, elles peuvent projeter une fusée lumineuse à environ 90 mètres de hauteur et rendre une position visible à plusieurs kilomètres. C’est une solution de signalisation puissante qui complète le sifflet et la lampe.
Creek Stewart envisageait également de les employer pour enflammer un foyer préparé. L’idée est spectaculaire, mais un briquet reste beaucoup plus économique et évite d’expédier une fusée brûlante dans le décor.
Un couteau fixé sur le canon
Un couteau Ka-Bar d’environ 13 cm a été installé sur un rail Picatinny fixé près du canon.

Le couteau peut servir à préparer du gibier, couper du bois, travailler une branche, découper du cordage, creuser ou produire des étincelles avec une tige ferrocerium.
Le montage offre un accès immédiat, mais ajoute du poids à l’avant et complique la manipulation du fusil. Une gaine placée sur la ceinture serait plus pratique, mais aurait triché avec la règle du jeu imposée par l’auteur.
Une lampe et une petite boussole
Une lampe compacte a été installée de l’autre côté du canon. Elle permet d’éclairer une zone, de travailler dans l’obscurité et de signaler une position pendant la nuit.
Le bouton arrière de la lampe intègre une petite boussole. Elle suffit pour vérifier grossièrement une direction, mais ne remplace pas une véritable boussole de navigation.

Trois compartiments de rangement
La crosse d’origine a été remplacée par un modèle équipé d’une poignée pistolet et d’un grand compartiment intérieur. La poignée pistolet est également creuse.
La poignée verticale installée sous la pompe offre un troisième espace étanche normalement destiné au rangement de piles.

Ces trois volumes permettent de répartir le matériel selon sa taille et sa fréquence d’utilisation.
Le nécessaire pour faire du feu
La poignée avant contient plusieurs moyens d’allumage :
- Six allumettes résistantes à l’humidité
- Un grattoir
- De la laine d’acier
- Un allume-feu WetFire
- Une petite réserve d’amadou
Une tige ferrocerium a également été intégrée sur le dessus de la crosse. Elle reste accessible sans ouvrir les compartiments et peut être grattée avec le dos du couteau.

Un outil multifonction dans la poignée
La poignée pistolet accueille un petit outil multifonction Gerber comprenant :
- Une pince
- Deux tournevis plats
- Un tournevis cruciforme
- Une petite lame
- Une lime
- Une pince à épiler
Un bouchon en caoutchouc ferme le bas de la poignée et empêche l’outil de tomber. Le tournevis cruciforme permet également d’ouvrir le compartiment principal de la crosse.

Le kit rangé dans la crosse
Le volume principal contient un véritable kit de survie miniature. La majorité des éléments est regroupée dans un sac résistant à l’eau.

Creek Stewart y a placé :
- Un petit récipient en aluminium pliable
- Un sac-poubelle résistant
- Un nécessaire de pêche
- Deux récipients souples de secours
- Des comprimés de traitement de l’eau
- Une couverture de survie
- Quelques pansements
- Des bandes de fermeture de plaie
- Des médicaments courants
- Un sachet de crème solaire
- Un baume à lèvres
- Un sifflet
- Un petit briquet Bic
- Plusieurs mètres de fil métallique
Collecter et traiter l’eau
Le récipient en aluminium peut être déplié pour collecter ou faire bouillir une petite quantité d’eau. Sa surface brillante peut également servir de réflecteur de signalisation.
Les comprimés offrent une seconde méthode de traitement. Une eau trouble doit d’abord être laissée au repos puis filtrée grossièrement avec un tissu avant d’ajouter le produit selon le dosage indiqué.
Les deux récipients souples prévus par l’auteur peuvent transporter environ un litre chacun, mais ils restent fragiles. Ils représentent une solution de secours plutôt qu’un véritable système de portage.
Une couverture et un sac multifonction
La couverture de survie peut limiter les pertes de chaleur, réfléchir le rayonnement d’un feu, signaler une position ou participer à la construction d’un petit abri.
Le sac-poubelle peut servir de poncho, protéger du matériel, isoler une personne du sol, collecter de l’eau ou renforcer un abri. Pour quelques dizaines de grammes, il demeure l’un des objets les plus polyvalents d’un kit de survie.
Deux lames de scie démontables
Creek Stewart utilise régulièrement une scie pliante pendant ses stages. Comme aucun modèle complet ne pouvait entrer dans la crosse, il a conservé deux lames raccourcies, l’une pour le bois et l’autre pour le métal.

Les lames peuvent être fixées entre deux points d’ancrage pour former une scie rudimentaire. Le montage ne remplacera pas une véritable scie pliante, mais respecte parfaitement le défi consistant à ne rien transporter en dehors du fusil.
Une bretelle en paracorde
La bretelle du fusil a été tressée avec environ 25 mètres de paracorde 550.

La paracorde peut servir à monter un abri, réparer du matériel, confectionner des ligatures ou fabriquer différents objets de camp. Ses brins intérieurs peuvent être retirés pour les travaux plus fins.
La paracorde 550 n’est cependant pas une corde d’escalade et ne doit pas être utilisée pour assurer une personne ou descendre en rappel.
Le bandana, accessoire à tout faire
Un bandana est attaché à l’extrémité de la bretelle. Ce simple morceau de tissu peut remplir de nombreuses fonctions :
- Protéger la tête ou le cou
- Maintenir une compresse
- Filtrer grossièrement une eau trouble
- Protéger le visage de la poussière
- Signaler une position
- Transporter des baies ou de petits objets
- Nettoyer du matériel
- Servir de tour de cou humide par forte chaleur
- Fournir des bandes de tissu
- Remplacer le papier toilette en dernier recours
Cette dernière utilisation risque évidemment de réduire fortement l’intérêt des neuf précédentes.

Un rappel pour garder le moral
Creek Stewart considère que la survie dépend autant de l’état d’esprit que du matériel. Il place donc dans chacun de ses kits un objet personnel, une photographie ou une phrase capable de lui rappeler pourquoi il doit continuer.
Sur le boîtier du Mossberg, il a fixé une petite plaque métallique portant cette phrase :
Même quand je marche dans la vallée de l’ombre de la mort, je ne crains aucun mal.

Quel poids pour l’ensemble ?
Le Mossberg pesait environ 3,4 kg avant sa transformation. Une fois complètement équipé, il atteignait environ 4,3 kg.
Le poids supplémentaire reste acceptable pour un fusil transporté ponctuellement, mais l’ensemble devient nettement plus encombrant. La lampe, le couteau, les porte-cartouches et les compartiments modifient également son équilibre.
Le classement français en 2026
Dans la configuration présentée par Creek Stewart, avec son magasin de grande capacité, ce Mossberg 500 relève de la catégorie B en France.
Un fusil à pompe à canon rayé peut rester en catégorie C1-d lorsqu’il possède une crosse fixe, une capacité maximale de cinq coups, une longueur totale supérieure à 80 cm et un canon de plus de 60 cm. Les modèles à canon lisse et les configurations qui dépassent ces limites relèvent de la catégorie B.
La lampe, la bretelle en paracorde, les porte-cartouches et le matériel rangé dans la crosse ne changent pas le classement. En revanche, la capacité, le canon, la longueur totale et le type de crosse peuvent le modifier.
Une bonne idée ou un délire de survivaliste ?
Un peu des deux, et c’est justement ce qui rend le projet intéressant.
Dans une utilisation réelle, regrouper absolument tout sur le fusil présente un défaut évident. Si l’arme est perdue, abandonnée ou endommagée, son propriétaire perd également son feu, son outil multifonction, son matériel médical et son nécessaire de traitement de l’eau.
Une pochette indépendante ou un véritable BOB reste plus pratique. Le matériel peut être utilisé sans manipuler l’arme et son poids est mieux réparti.
En revanche, le Mossberg de Creek Stewart constitue un excellent exercice de réflexion. Chaque espace disponible a été exploité et presque tous les objets remplissent plusieurs fonctions. Le projet montre également qu’un kit efficace ne dépend pas uniquement de son volume, mais surtout de la cohérence de son contenu.
Notre avis
Nous ne transformerions probablement pas un Mossberg 500 de cette manière. Nous conserverions le fusil aussi simple et léger que possible, avec une lampe fiable et quelques cartouches accessibles. Le reste trouverait sa place dans une petite pochette ou dans le sac d’évacuation.
Le projet reste néanmoins brillant dans son principe. Il oblige à examiner chaque objet, à supprimer le superflu et à rechercher plusieurs usages pour chaque gramme transporté.
Et si les zombies réussissent encore à vous attraper avec un fusil, un couteau, une lampe, deux scies, 25 mètres de paracorde, un kit médical et du papier toilette de secours, Creek Stewart considère que ce sera franchement de votre faute.