La vraie question n’est pas « Si », mais plutôt « Quand ».

Notre société moderne repose sur un ensemble de systèmes tellement présents dans notre quotidien que nous finissons par ne plus les voir.

Le carburant arrive à la station-service. Les camions approvisionnent les magasins. Les pièces détachées traversent des milliers de kilomètres. Les agriculteurs utilisent des machines, les entreprises produisent, les ambulances roulent et les marchandises circulent.

Au centre d’une grande partie de cette mécanique se trouve encore une ressource : le pétrole.

La vidéo ci-dessous imagine ce qui pourrait se produire dans un monde confronté à une rupture majeure de son approvisionnement pétrolier.

Nous dépendons du pétrole bien au-delà de nos voitures

Lorsqu’on parle de pétrole, on pense immédiatement au carburant.

Mais notre dépendance va beaucoup plus loin.

Le pétrole intervient directement ou indirectement dans :

  • Le transport des personnes
  • Le transport des marchandises
  • L’agriculture mécanisée
  • La fabrication de nombreux plastiques
  • La production et le transport des matériaux
  • Une partie de la chimie industrielle
  • La logistique alimentaire
  • Les services de secours et de sécurité

Une rupture importante et durable de l’approvisionnement ne signifierait donc pas seulement moins de voitures sur les routes.

Elle toucherait progressivement toute la chaîne logistique.

Le problème n’est pas seulement la disparition du pétrole

Dans une logique de préparation, il serait réducteur d’attendre le jour hypothétique où le dernier baril serait extrait.

Une société complexe peut rencontrer de graves difficultés bien avant cela.

Une guerre, une crise géopolitique, un embargo, une défaillance des infrastructures, une grève prolongée ou simplement une forte augmentation des prix peuvent perturber temporairement l’approvisionnement.

Pour le particulier, la conséquence immédiate peut être exactement la même : le carburant dont il a besoin n’est plus disponible au moment où il en a besoin.

Quand le transport s’arrête, tout ralentit

Nos commerces fonctionnent avec des chaînes logistiques rapides.

Les rayons ne contiennent pas plusieurs mois de marchandises. Ils sont régulièrement réalimentés par camion.

Si les transports deviennent difficiles, les conséquences peuvent apparaître rapidement :

  • Retards de livraison
  • Pénuries ponctuelles
  • Hausse des prix
  • Difficultés d’approvisionnement des commerces
  • Ralentissement des services publics et privés
  • Difficultés pour certaines personnes à rejoindre leur lieu de travail

Et lorsqu’un produit commence à manquer, le comportement de la population peut amplifier le problème.

Il suffit parfois que chacun décide d’acheter deux ou trois fois sa consommation habituelle pour vider des stocks qui auraient normalement suffi plusieurs jours.

La préparation commence avant la station-service vide

Le survivalisme ne consiste pas à attendre une catastrophe spectaculaire.

Il consiste surtout à identifier ses dépendances avant qu’elles deviennent un problème.

Pour le carburant, quelques questions simples suffisent :

  • Combien de kilomètres devons-nous parcourir chaque semaine ?
  • Sommes-nous capables de rester plusieurs jours sans utiliser notre véhicule ?
  • Avons-nous plusieurs moyens de transport ?
  • Pouvons-nous travailler ou nous approvisionner localement ?
  • Notre véhicule est-il correctement entretenu ?
  • Avons-nous prévu une solution en cas de pénurie temporaire ?

Ces questions sont beaucoup plus utiles que d’essayer de prédire précisément la date de la prochaine crise.

Réduire sa dépendance

La meilleure réserve n’est pas toujours celle que l’on stocke.

Réduire sa consommation permet également d’augmenter immédiatement son autonomie.

Quelques pistes :

  • Regrouper les déplacements
  • Entretenir correctement son véhicule
  • Conserver un vélo fonctionnel
  • Développer des ressources plus proches de son domicile
  • Stocker les produits essentiels avant d’en avoir besoin
  • Éviter de dépendre d’un déplacement quotidien pour chaque besoin élémentaire

Plus votre quotidien fonctionne avec peu de déplacements obligatoires, moins une pénurie de carburant vous affectera.

Et le stockage de carburant ?

Une petite réserve peut apporter une marge de sécurité supplémentaire, à condition de respecter la réglementation, d’utiliser des contenants adaptés et de prendre très au sérieux les risques d’incendie.

Le stockage ne doit cependant jamais remplacer une réflexion plus globale.

Posséder quelques litres supplémentaires ne résoudra pas une crise longue. Cela permet surtout de gagner du temps.

Et en situation de crise, gagner du temps permet souvent d’éviter de prendre de mauvaises décisions dans l’urgence.

Le véritable enseignement

Personne ne peut annoncer sérieusement la date exacte d’une grande rupture énergétique.

Mais nous savons une chose : notre niveau de dépendance aux réseaux de transport, à l’énergie et à la logistique est considérable.

La question intéressante n’est donc pas de savoir si le scénario présenté dans cette vidéo se réalisera exactement comme prévu.

La question est plutôt :

Si demain une ressource essentielle devient difficile à obtenir pendant quelques jours, quelques semaines ou davantage, sommes-nous capables de continuer à fonctionner ?

C’est précisément à cette question que sert la préparation.