Que resterait-il de notre société après une pandémie mondiale capable de tuer une grande partie de la population ?
Après l’Armageddon est un docu-fiction particulièrement sombre qui suit l’effondrement progressif des infrastructures modernes à travers le parcours d’une famille américaine.
Le film ne s’intéresse pas seulement à la catastrophe elle-même. Il montre surtout ce qui arrive ensuite, lorsque l’électricité disparaît, que les magasins sont vides, que l’eau ne coule plus et que les secours cessent progressivement de fonctionner.
Après l’Armageddon : Un docu-fiction sur l’effondrement
Diffusé en 2010 sur la chaîne américaine History sous le titre original After Armageddon, ce programme d’environ 87 minutes mélange scènes de fiction, témoignages d’experts et références à des catastrophes réelles.
Le scénario imagine l’apparition d’une pandémie extrêmement meurtrière. La maladie se propage rapidement à travers le monde, provoquant un grand nombre de décès et désorganisant progressivement les services essentiels.
Le documentaire s’appuie notamment sur les conséquences observées après :
- Le Bombardement nucléaire d’Hiroshima ;
- Les Attentats du 11 septembre 2001 ;
- L’Ouragan Katrina ;
- Des Épidémies historiques ;
- Des Pannes majeures et des ruptures d’approvisionnement.
Ces événements ne sont évidemment pas comparables entre eux, mais ils permettent aux auteurs d’illustrer la manière dont une société moderne peut se désorganiser lorsque plusieurs systèmes cessent de fonctionner simultanément.
Une famille ordinaire face à une crise extraordinaire
La partie fictionnelle suit une famille vivant dans la région de Los Angeles.
Le père, ancien ambulancier, comprend progressivement que la situation ne reviendra pas rapidement à la normale. Lorsque les magasins sont vides et que l’eau commence à manquer, la famille décide de quitter la ville pour tenter de rejoindre des proches vivant dans une région rurale.
Leur voyage permet au documentaire d’aborder plusieurs étapes classiques d’un effondrement :
- La Ruée vers les commerces ;
- La Saturation des routes ;
- La Pénurie de carburant ;
- L’Abandon progressif des véhicules ;
- La Recherche d’eau potable ;
- Les Blessures sans assistance médicale ;
- Les Rencontres avec d’autres survivants ;
- La Formation de nouvelles communautés.
Le film insiste sur une réalité souvent oubliée : Une catastrophe majeure ne provoque pas nécessairement un effondrement instantané. Les services disparaissent les uns après les autres et chaque panne en entraîne de nouvelles.
Les premières heures
Au début de la crise, la plupart des habitants continuent à se comporter comme si la situation devait être rapidement maîtrisée.
Ils attendent les informations, se rendent dans les magasins et tentent de poursuivre leur vie quotidienne. Mais les stocks disponibles dans les villes sont limités et dépendent de livraisons régulières.
Lorsque les transports sont interrompus et que les employés cessent de venir travailler, les rayons se vident rapidement.
Les premiers produits à disparaître sont généralement :
- L’Eau en bouteille ;
- Les Conserves ;
- Les Aliments faciles à consommer ;
- Les Médicaments ;
- Les Piles ;
- Le Carburant ;
- Les Produits d’hygiène.
Lorsque l’eau cesse de couler
Le manque d’eau constitue l’un des principaux dangers présentés dans le documentaire.
Les réseaux urbains dépendent de pompes, de stations de traitement, de produits chimiques, d’électricité et de personnels qualifiés. Lorsque cette organisation disparaît, la distribution peut rapidement devenir irrégulière puis s’arrêter.
Le manque d’eau entraîne également une dégradation rapide de l’hygiène :
- Les Toilettes ne fonctionnent plus correctement ;
- Les Déchets s’accumulent ;
- Les Mains et les ustensiles sont moins bien lavés ;
- Les Maladies digestives se propagent ;
- Les Sources disponibles sont contaminées.
Dans ce type de situation, une réserve d’eau ne sert pas uniquement à boire. Elle devient également nécessaire pour préparer les aliments, nettoyer les blessures et conserver un minimum d’hygiène.
Le carburant et les routes
Le docu-fiction montre également les limites d’une évacuation improvisée.
Lorsque des milliers de personnes décident de quitter une ville en même temps, les grands axes se saturent. Les véhicules consomment leur carburant à l’arrêt et les stations-service ne peuvent plus être réapprovisionnées.
Une voiture peut alors devenir un piège : Impossible d’avancer, impossible de faire demi-tour et aucune garantie de trouver du carburant plus loin.
Le film rappelle qu’un plan d’évacuation doit comprendre :
- Une Destination précise ;
- Plusieurs Itinéraires ;
- Un Départ suffisamment précoce ;
- Une Réserve de carburant correctement gérée ;
- La Possibilité de poursuivre à pied ;
- Des Chaussures et des sacs adaptés.
La médecine disparaît plus vite qu’on ne le pense
L’un des passages les plus marquants concerne une blessure apparemment banale qui finit par devenir mortelle.
Dans une société fonctionnelle, une infection peut être traitée avec un nettoyage correct, un suivi médical et des antibiotiques adaptés. Lorsque les hôpitaux, les pharmacies et les moyens de transport disparaissent, une petite blessure peut devenir extrêmement dangereuse.
Le documentaire insiste ainsi sur l’importance :
- De l’Hygiène ;
- Du Nettoyage immédiat des plaies ;
- De la Formation aux premiers secours ;
- De la Protection des mains et des pieds ;
- De la Surveillance des signes d’infection ;
- Des Médicaments personnels indispensables.
La violence est-elle inévitable ?
Après l’Armageddon présente une montée progressive de la violence, liée aux pénuries et à la disparition de l’autorité.
Lorsque l’eau, la nourriture et le carburant deviennent rares, certains groupes tentent de s’approprier les ressources disponibles. Les personnes isolées deviennent particulièrement vulnérables.
Le film montre néanmoins que la violence n’est pas la seule réponse possible. Des communautés se forment également pour partager les compétences, cultiver, réparer et se défendre collectivement.
La survie durable dépend moins d’un individu lourdement équipé que d’un groupe capable de réunir différentes compétences :
- Produire de la Nourriture ;
- Trouver et traiter de l’Eau ;
- Soigner les Blessures ;
- Réparer les Outils ;
- Organiser la Sécurité ;
- Transmettre les Connaissances ;
- Régler les Conflits.
Une vision volontairement pessimiste
Le documentaire est construit pour provoquer une réaction. Il enchaîne donc les difficultés et présente un scénario particulièrement défavorable.
Il ne faut pas le prendre comme une prévision exacte. Toutes les pandémies ne conduisent pas à la disparition des gouvernements, et toutes les populations ne sombrent pas immédiatement dans la violence.
Le film reste néanmoins intéressant parce qu’il montre les liens entre les différents systèmes dont dépend notre quotidien.
Une panne d’électricité affecte les communications. La disparition des communications désorganise les transports. L’interruption des transports bloque les livraisons. Les pénuries entraînent ensuite des tensions et des déplacements de population.
Le documentaire complet
Le documentaire est disponible en anglais sur la chaîne YouTube officielle de History. Les sous-titres automatiques et leur traduction peuvent être activés dans le lecteur.
After Armageddon, documentaire complet en anglais publié par HISTORY.
Ce que le film apprend réellement
Le principal intérêt du documentaire n’est pas de prédire exactement la prochaine catastrophe. Il permet plutôt d’identifier les fragilités d’une société fortement dépendante de réseaux complexes.
Les leçons les plus utiles sont simples :
- Posséder de l’Eau avant la pénurie ;
- Conserver une Réserve alimentaire réellement consommable ;
- Ne pas attendre le dernier moment pour évacuer ;
- Être Capable de marcher plusieurs kilomètres ;
- Nettoyer immédiatement les blessures ;
- Connaître ses Voisins et ses proches ;
- Développer des Compétences pratiques ;
- Préparer une Destination avant d’en avoir besoin.
Notre avis
Après l’Armageddon est l’un des docu-fictions les plus intéressants consacrés à l’effondrement d’une société moderne.
Il est parfois excessivement dramatique et certaines réactions sont simplifiées pour les besoins du récit. Mais il montre efficacement que la survie ne se résume pas à stocker quelques boîtes de conserve et une arme.
L’eau, l’hygiène, les blessures, le déplacement, les relations humaines et les compétences deviennent rapidement plus importantes que les gadgets.
À retenir : La catastrophe tue, mais la désorganisation qui suit peut devenir encore plus dangereuse. Ceux qui disposent déjà d’eau, de nourriture, d’un plan et de compétences gagnent un temps précieux.
Après l’Armageddon
Titre original : After Armageddon
Année : 2010
Durée : Environ 1 h 27
Production : History et Raw Television