À quoi ressemblerait le monde si la taille de chaque pays dépendait de son nombre d’habitants plutôt que de sa superficie ?

Sur une carte traditionnelle, la Russie, le Canada ou l’Australie occupent une place immense. Pourtant, une grande superficie ne signifie pas forcément une population importante.

Cette carte propose donc une autre manière de représenter le monde : Chaque pays est redimensionné en fonction du nombre de personnes qui y vivent.

Une carte du monde basée sur la population

Ce type de représentation porte le nom de cartogramme de population. Contrairement à une carte géographique classique, la surface visible de chaque pays n’est plus proportionnelle à son territoire, mais à sa population.

Sur cette carte, chaque petit carré représente environ un million d’habitants. L’auteur a néanmoins tenté de conserver la position et la forme générale des pays afin que le monde reste reconnaissable.

Les géants deviennent minuscules

Certains des plus grands pays du monde rétrécissent fortement lorsqu’ils sont représentés selon leur population.

C’est notamment le cas :

  • Du Canada ;
  • De l’Australie ;
  • De la Russie ;
  • Du Kazakhstan ;
  • De la Mongolie.

Ces pays possèdent d’immenses territoires, mais leur population est relativement faible par rapport à leur superficie.

À l’inverse, des pays beaucoup plus petits sur une carte classique prennent ici des dimensions considérables.

L’Asie occupe une place gigantesque

L’Inde et la Chine deviennent les deux masses les plus impressionnantes de la carte. Le Bangladesh, le Pakistan, l’Indonésie et le Japon apparaissent également beaucoup plus grands que leur superficie réelle ne le laisserait penser.

Cette déformation rappelle que la population mondiale est très inégalement répartie. Une grande partie de l’humanité vit dans le sud et l’est de l’Asie, tandis que d’immenses zones d’Amérique du Nord, d’Asie centrale ou d’Australie restent très peu peuplées.

Certains pays disparaissent presque

Les États possédant moins d’un million d’habitants peuvent être réduits à un minuscule carré ou disparaître visuellement de cette représentation.

C’est notamment le cas de plusieurs petits États insulaires ainsi que de pays comme l’Islande, dont le territoire paraît important sur une carte classique mais dont la population reste limitée.

Un pays peu peuplé serait-il un meilleur refuge ?

Dans le cadre fictif d’une invasion de zombies, d’une épidémie ou d’un effondrement généralisé, une faible densité de population pourrait sembler avantageuse.

Elle peut notamment signifier :

  • Moins de personnes susceptibles d’être contaminées ;
  • Moins de mouvements de foule ;
  • Moins de concurrence immédiate pour certaines ressources ;
  • Davantage de zones isolées ;
  • Une propagation potentiellement plus lente.

Mais choisir uniquement un pays en fonction de son nombre d’habitants serait une erreur. Un territoire immense et presque vide peut aussi être particulièrement difficile à habiter.

Il faut également tenir compte :

  • Du climat ;
  • De l’accès à l’eau potable ;
  • Des terres cultivables ;
  • Des ressources énergétiques ;
  • Des distances à parcourir ;
  • Des infrastructures médicales ;
  • De la stabilité politique ;
  • De la capacité du pays à produire sa nourriture.

Le Canada, l’Australie ou la Russie paraissent presque vides sur cette carte, mais une grande partie de leurs territoires est froide, aride, montagneuse ou difficilement exploitable.

Ce que cette carte nous apprend réellement

Cette carte ne permet pas de désigner le meilleur pays où survivre. Elle montre surtout à quel point les cartes classiques peuvent fausser notre perception du monde.

Un pays immense n’abrite pas forcément beaucoup de personnes, tandis qu’un petit territoire peut concentrer des dizaines, voire des centaines de millions d’habitants.

Dans une situation de crise, la densité de population constitue donc un facteur important, mais elle doit être étudiée à l’échelle des régions plutôt qu’à celle d’un pays entier. Une zone rurale peu peuplée peut se trouver à quelques dizaines de kilomètres d’une immense agglomération, tandis qu’un pays fortement peuplé peut conserver des territoires isolés.

Notre avis

Pour un survivaliste, cette carte constitue un excellent point de départ pour réfléchir à la répartition des populations et aux conséquences d’une crise de grande ampleur.

Elle rappelle également qu’il ne suffit pas de chercher le pays le moins peuplé. Le meilleur refuge serait plutôt une région disposant d’eau, de terres cultivables et de ressources locales, suffisamment éloignée des grandes concentrations urbaines sans être totalement coupée des infrastructures essentielles.

À retenir : Sur une carte fondée sur la population, les grands pays peu peuplés rétrécissent tandis que l’Inde, la Chine et d’autres régions très peuplées deviennent gigantesques. Mais une faible densité ne suffit pas, à elle seule, à garantir de bonnes conditions de survie.

Pour aller plus loin

Our World in Data propose un cartogramme plus récent dans lequel chaque carré représente 500 000 personnes.

Consulter le cartogramme de population