La voiture reste souvent le moyen le plus pratique pour évacuer avec une famille et du matériel. Elle offre une bonne capacité d’emport, protège des intempéries et permet de parcourir rapidement une longue distance. Encore faut-il que les routes soient ouvertes et que les autorités ne recommandent pas de rester à l’abri.
Lors d’une inondation, d’un incendie ou d’un accident industriel, prendre la route peut devenir plus dangereux que rester chez soi. Avant de partir, il faut donc consulter les alertes officielles, notamment FR-Alert, et tenir compte des consignes locales. Une voiture n’est pas un passe-droit contre une crue, même avec quatre roues motrices et un conducteur très optimiste.
Préparer le départ avant l’urgence
Improviser une évacuation au moment où tout le monde cherche ses clés est rarement une brillante idée. Le plan doit être préparé avec une destination principale, une solution de rechange et plusieurs itinéraires.
- Définir les événements qui justifieraient réellement un départ
- Prévoir au moins deux destinations
- Repérer plusieurs itinéraires, dont un évitant les grands axes
- Conserver des cartes routières en complément du téléphone
- Fixer un point de regroupement pour les membres du foyer
- Maintenir le réservoir au-dessus de la moitié
Partir avant la saturation des routes peut faire gagner un temps précieux. Attendre que la circulation se calme reste envisageable uniquement si le danger n’est pas immédiat et qu’aucune évacuation n’a été ordonnée.
Préparer le véhicule
Le véhicule doit être entretenu et capable de supporter la charge prévue. Les pneus, les niveaux, la batterie, l’éclairage et le système de freinage doivent être contrôlés régulièrement.
Quelques équipements simples méritent de rester à bord :
- Un gonfleur et un nécessaire de réparation des pneus
- Une roue de secours lorsqu’elle peut être installée
- Des câbles de démarrage ou un démarreur autonome
- Une lampe, des gants et quelques outils
- Une trousse de premiers secours
- Des chargeurs USB et un adaptateur 12 volts
- Des gilets réfléchissants et un triangle de signalisation
- Une carte routière sur papier
Charger selon les priorités
La bonne question n’est pas seulement de savoir où placer le matériel. Il faut déterminer ce qui doit rester accessible et ce que l’on pourra abandonner si le véhicule devient inutilisable.
Chaque occupant autonome devrait disposer d’un sac d’évacuation immédiatement accessible. Celui-ci contient les documents importants, les médicaments, un peu d’eau, de la nourriture, des vêtements adaptés, une lampe, des moyens de communication et le nécessaire pour poursuivre à pied.
Le reste du chargement peut être réparti de cette manière :
- Dans l’habitacle : Les sacs d’évacuation et le matériel nécessaire pendant le trajet, sans objet lourd laissé libre
- Dans le coffre : L’eau, la nourriture supplémentaire, les outils et le matériel médical, avec les charges lourdes placées bas et correctement arrimées
- Dans le coffre de toit : Les vêtements, les couchages et les objets volumineux mais légers dont l’abandon serait supportable
- Dans la remorque : Le matériel encombrant, les réserves supplémentaires et les équipements secondaires
Les bidons de carburant doivent être homologués, fermés, maintenus verticalement et solidement fixés hors de l’espace occupé par les passagers. La quantité transportée doit rester raisonnable et respecter la réglementation applicable.
Les armes éventuellement transportées doivent l’être conformément aux règles propres à leur catégorie, avec un motif légitime et sans être immédiatement utilisables. Une évacuation ne transforme pas l’habitacle en armurerie roulante.
La remorque, utile mais contraignante
Une remorque augmente fortement la capacité d’emport, mais elle allonge les distances de freinage, réduit la maniabilité et complique les demi-tours. Elle peut également devenir un handicap dans un chemin étroit, une rue bloquée ou une circulation dense.
En France, le permis B suffit pour une remorque dont le poids total autorisé en charge ne dépasse pas 750 kg. Il peut aussi suffire au-delà de 750 kg lorsque la somme des poids autorisés du véhicule et de la remorque ne dépasse pas 3 500 kg. La formation B96 ou le permis BE deviennent nécessaires au-delà de certaines limites. Une remorque de plus de 500 kg doit posséder sa propre carte grise. La couverture d’assurance doit également être vérifiée.
Avant de compter sur cet ensemble, il faut s’entraîner à conduire, freiner et reculer avec la remorque réellement chargée. Le premier essai ne devrait pas avoir lieu de nuit, sous la pluie, avec toute la famille demandant si l’on est bientôt arrivé.
Si le véhicule doit être abandonné
Une panne, un accident, une route coupée ou un obstacle peuvent imposer de continuer autrement. Dans ce cas, chacun récupère son sac d’évacuation et seuls les équipements indispensables sont emportés.
Il ne faut pas prévoir de tracter à pied une remorque routière chargée. Son poids, ses roues et son système d’attelage ne sont pas conçus pour cela. Si une poursuite à vélo fait partie du plan, mieux vaut prévoir dès le départ une petite remorque cyclable compatible avec les vélos disponibles.
L’ordre d’abandon doit être décidé avant le départ :
- Les objets de confort et les doublons
- Les vêtements et les outils supplémentaires
- Les réserves dépassant les capacités de transport à pied
- Tout ce qui ralentit dangereusement le groupe
Les papiers, les médicaments, l’eau, les moyens de communication et l’équipement de première nécessité ne devraient jamais se retrouver ensevelis sous quinze cartons au fond d’une remorque.
Tester le plan en conditions réelles
Un essai avec le véhicule complètement chargé permet de vérifier le temps nécessaire au départ, la visibilité, la tenue de route, l’accès au matériel et la consommation réelle. Il révèle aussi les objets parfaitement indispensables que personne n’utilise jamais.
Une bonne évacuation motorisée ne consiste pas à déplacer toute la maison. Elle consiste à rejoindre une zone plus sûre tout en conservant la possibilité de changer d’itinéraire ou de poursuivre sans le véhicule. La mobilité vaut souvent davantage que quelques centaines de kilos de matériel supplémentaire.