Constituer un stock alimentaire pour 15 jours

Dans l’éventualité d’une crise, d’une catastrophe ou d’une coupure prolongée des réseaux, l’alimentation constitue un élément essentiel de la préparation. Un stock bien pensé doit fournir suffisamment d’énergie, se conserver longtemps et rester simple à utiliser lorsque l’eau, l’électricité ou les moyens de cuisson sont limités.

Le meilleur aliment de survie n’est pas forcément celui qui se conserve le plus longtemps. Il doit également présenter un bon rapport entre les calories, le volume occupé, le poids, la facilité de préparation et la quantité d’eau nécessaire.

Faut-il éviter les aliments déshydratés ?

Les aliments déshydratés sont légers, compacts et généralement faciles à conserver. Ils ne doivent donc pas être écartés systématiquement. Leur principal défaut est leur dépendance à l’eau potable et, dans certains cas, à une cuisson assez longue.

Lorsque l’eau est rare, une conserve directement consommable peut être plus utile qu’un repas déshydraté. L’idéal consiste donc à combiner plusieurs catégories d’aliments plutôt qu’à dépendre d’une solution unique.

Exemple de base pour constituer un stock de 15 jours

Aliment Conditionnement conseillé Quantité indicative
Sardines ou maquereaux à l’huile Boîte de 100 à 125 g 8
Thon à l’huile Boîte de 100 à 150 g 6
Corned-beef, pâté ou viande en conserve Boîte de 150 à 250 g 6
Lentilles, haricots ou pois chiches cuisinés Boîte de 400 g 8
Maïs ou macédoine de légumes Boîte de 250 à 300 g 6
Ratatouille ou légumes cuisinés Boîte de 400 à 500 g 6
Soupes prêtes à consommer Brique de 1 litre 2 à 4
Fruits au sirop ou compotes Petits formats 10
Fruits secs Sachets de 250 à 500 g 2 kg au total
Beurre de cacahuètes Pot de 350 à 500 g 2
Chocolat Plaque de 100 à 200 g 5
Miel ou confiture Pot de 250 à 500 g 2
Biscuits, crackers ou pain longue conservation Paquet 6 à 8
Lait concentré ou lait UHT Petits conditionnements Selon les habitudes
Café, thé, sucre, sel et condiments Petits conditionnements Selon les besoins

Ces quantités constituent une base de travail et non une ration universelle. Elles doivent être adaptées à l’âge, à l’état de santé, à l’activité physique et aux habitudes alimentaires de chaque personne.

Vérifier les calories réellement disponibles

Une liste d’aliments ne garantit pas à elle seule quinze jours d’autonomie. Les valeurs énergétiques peuvent varier fortement selon les marques et les recettes.

Une fois le stock constitué, additionnez les calories indiquées sur les emballages, puis divisez le total par quinze. Cela permet de vérifier que la réserve couvre réellement la durée prévue et d’ajuster les quantités si nécessaire.

Il ne faut pas rechercher uniquement le maximum de calories. Le stock doit aussi apporter des protéines, des matières grasses, des glucides, des fibres et une variété suffisante pour éviter une alimentation rapidement écœurante.

Privilégier les petits conditionnements

En l’absence de réfrigérateur, une boîte ouverte doit être consommée immédiatement ou très rapidement. Les petits conditionnements réduisent le gaspillage, facilitent la répartition des repas et permettent de varier davantage les menus.

Ils sont également plus faciles à transporter, à partager et à intégrer dans différents lieux de stockage.

Stocker des aliments que l’on apprécie

Un stock de crise ne doit pas ressembler à une punition. Il est parfaitement possible de remplacer certaines conserves ordinaires par des gésiers, du confit, du cassoulet, des plats régionaux ou d’autres produits que l’on consomme volontiers.

Quelques biscuits, confitures, chips ou gâteaux apéritifs peuvent également contribuer au confort et au moral. Ces produits ne constituent pas la base du stock, mais leur présence peut rendre une période difficile plus supportable.

Faire tourner régulièrement le stock

Le principe le plus efficace consiste à stocker ce que l’on mange déjà. Les produits les plus anciens sont intégrés à l’alimentation courante, puis remplacés par des achats récents.

Cette rotation évite les pertes, permet de contrôler régulièrement l’état des emballages et empêche de découvrir trop tard que certains aliments ne conviennent pas à la famille.

Attention : ce stock alimentaire ne comprend pas l’eau potable. Le stockage de l’eau, les moyens de filtration, la cuisson et l’hygiène alimentaire doivent faire l’objet d’une préparation spécifique.

Pour aller plus loin : 

Retrouvez davantage de conseils sur l’autonomie, l’évacuation et la préparation aux situations d’urgence dans le le livre Toujours prêt