Vous cheminez à raquettes ou à skis. Une fixation casse, le brouillard tombe ou les repères disparaissent sous la neige. La sortie tranquille peut vite devenir une nuit dehors. En hiver, le froid, le vent et l’humidité ne vous laisseront pas toujours beaucoup de temps pour improviser.
Ces dix commandements ont un objectif simple : Rester capable de réfléchir, limiter les pertes de chaleur et faciliter les secours. L’abri spectaculaire et le feu de cinéma passent après ces priorités.
1. Ne paniquez pas
Arrêtez-vous dans un endroit sûr et faites le point. Où êtes-vous ? Quel est le dernier repère certain ? Quel matériel reste utilisable ? Quelqu’un est-il blessé ? Courir dans une direction choisie au hasard ajoute de la fatigue au problème. Si vous êtes exposé à un danger immédiat, éloignez-vous juste assez pour vous protéger.
2. Gérez votre capital temps
N’attendez pas la nuit ni les mains engourdies pour agir. Évaluez la lumière restante, la météo, vos vêtements et vos réserves. Une solution raisonnable maintenant vaut mieux qu’un plan formidable devenu impossible deux heures plus tard.
En France et dans l’Union européenne, appelez le 112 en cas d’urgence. Donnez votre position, vos coordonnées GPS si disponibles, le nombre de personnes, les blessures et les conditions sur place. Suivez les consignes. Gardez le téléphone au chaud et économisez sa batterie tout en restant joignable selon les instructions reçues.
3. Cherchez un abri avant d’être épuisé
La première protection consiste à sortir du vent et à s’isoler du sol. Utilisez votre matelas, votre sac et les vêtements disponibles. Un sursac ou un abri de bivouac emporté avant le départ évite bien des acrobaties. Une couverture de survie ne remplace pas l’isolation d’un matelas et d’un couchage.
Choisissez un emplacement hors des trajectoires d’avalanche, loin des corniches, des cours d’eau masqués et des branches dangereuses. Les cavités sous les arbres peuvent aussi piéger une personne dans la neige profonde. Un abri creusé dans la neige demande du savoir-faire, une neige adaptée et une ventilation maintenue. Il ne garantit aucune température précise. Ce n’est pas une technique à découvrir frigorifié, seul et sans pelle.
4. Faites du feu seulement si cela aide vraiment
Un feu peut apporter de la chaleur et permettre de faire fondre de la neige. Encore faut-il du combustible, un moyen d’allumage fiable et un emplacement adapté. Chercher du bois pendant une heure en trempant ses vêtements peut coûter plus que le feu ne rapporte.
N’utilisez ni feu, ni bougie, ni réchaud dans un abri fermé ou mal ventilé. Le monoxyde de carbone est invisible et peut être mortel. Pour une cuisson, préférez l’extérieur, avec une installation stable et dégagée. N’allez pas transformer votre refuge en piège pour gagner quelques degrés.
5. Ne vous épuisez pas
Creuser, couper du bois et marcher dans la neige profonde consomment beaucoup d’énergie. Travaillez par étapes et adaptez vos couches de vêtements avant de transpirer. Remettez une couche isolante dès l’arrêt. Rester sec est essentiel, mais le froid, le vent et le contact avec le sol comptent aussi.
6. Buvez et gardez du carburant pour le corps
Buvez régulièrement et mangez les aliments énergétiques emportés. Protégez l’eau du gel. Évitez de manger de la neige pour vous hydrater : La faire fondre dans votre bouche vous refroidit. Faites-la fondre dans un récipient, en choisissant une neige aussi propre que possible.
Une neige blanche n’est pas forcément exempte de microbes. Pour traiter une eau claire par ébullition, maintenez une franche ébullition pendant une minute, ou trois minutes au-dessus d’environ 2 000 mètres. Cela ne retire pas les polluants chimiques. Ne donnez à boire qu’à une personne pleinement consciente et capable d’avaler.
7. Surveillez l’hypothermie et les gelures
Des frissons, une maladresse inhabituelle, une fatigue marquée, des paroles confuses ou une somnolence doivent alerter. La disparition des frissons alors que la personne reste très froide peut traduire une aggravation. L’hypothermie est une urgence. Appelez les secours, abritez la personne, isolez-la du sol et manipulez-la doucement. Remplacez si possible les vêtements mouillés à l’abri, puis enveloppez-la dans des couches sèches. Pas d’alcool ni de chaleur brûlante.
Les gelures correspondent au gel des tissus. Les engelures sont une réaction inflammatoire au froid humide. Une peau blanche, dure ou insensible impose de protéger la zone et de demander un avis médical. Ne frottez pas, surtout avec de la neige, ne percez pas les cloques et n’exposez pas la peau au feu. Évitez tout regel après réchauffement et suivez les instructions des secours.
8. Rendez-vous visible
Préparez des éléments contrastant avec la neige, une lampe et un sifflet. Un grand SOS au sol peut attirer l’attention, si sa réalisation ne vous expose pas. À l’approche d’un hélicoptère, les deux bras levés en Y signalent une demande de secours. Rangez ce qui pourrait s’envoler et attendez les consignes de l’équipage avant d’approcher.
9. Mettez-vous dans la peau des sauveteurs
Une personne annoncée sur un itinéraire précis est plus facile à rechercher qu’un promeneur dont personne ne connaît le programme. Si vous êtes perdu et dans un lieu sûr, évitez les déplacements erratiques. Un déplacement nécessaire doit avoir un objectif clair. Si les secours connaissent votre position, ne changez pas d’endroit sans les prévenir, sauf danger immédiat.
10. Préparez-vous avant le départ
Consultez la météo et, en terrain concerné, le bulletin d’avalanche. Donnez à un proche votre itinéraire, votre heure de retour et la conduite à tenir en cas de retard. Emportez des vêtements secs protégés dans un sac étanche, de quoi vous abriter et vous isoler, une frontale, de l’eau, des aliments, une trousse de secours et des moyens d’orientation.
Apprenez à utiliser ce matériel dans des conditions maîtrisées, avec une personne compétente. En terrain avalancheux, l’équipement de recherche ne remplace ni la formation ni le choix d’un itinéraire adapté. Savoir renoncer reste une excellente technique de survie. Elle manque de panache, mais permet souvent de dîner chez soi.