Le vendredi 6 juillet 2012, vers 15 heures, le réseau mobile d’Orange connut une panne nationale majeure. Pendant près de douze heures, des millions d’utilisateurs rencontrèrent des difficultés pour téléphoner, envoyer des SMS ou accéder aux services mobiles.

L’incident toucha jusqu’à 27 millions d’utilisateurs, car Orange hébergeait également plusieurs opérateurs virtuels. Il fallut mobiliser plus de 200 ingénieurs et techniciens pour rétablir progressivement le réseau pendant la nuit.

Pour la majorité des abonnés, cette panne fut surtout une grosse contrariété. Pourtant, elle révéla une dépendance beaucoup plus sérieuse : En 2012 déjà, de nombreux services essentiels utilisaient le réseau mobile pour transmettre des informations et piloter leurs équipements à distance.

Les châteaux d’eau sous surveillance

La France comptait alors plusieurs dizaines de milliers de réservoirs et de châteaux d’eau. Une partie de ces installations utilisait des systèmes de télégestion reliés au réseau téléphonique fixe ou mobile.

Ces liaisons permettaient aux exploitants de connaître le niveau des réservoirs, de recevoir des alarmes et de commander certaines pompes. Sur les installations les plus simples, des informations pouvaient même être transmises par SMS.

La panne d’Orange pouvait donc rendre temporairement certains équipements muets. Cela ne signifiait pas que tous les robinets allaient immédiatement se retrouver à sec. Les automatismes locaux continuaient généralement de fonctionner et l’eau stockée dans les réservoirs maintenait la distribution par gravité.

Le véritable risque serait apparu si la panne s’était prolongée ou si elle avait coïncidé avec une défaillance électrique, une pompe en panne ou un réservoir déjà presque vide. Les exploitants auraient alors dû intervenir directement sur les installations, avec moins d’informations et des communications fortement perturbées.

Des réserves limitées

À l’époque, l’article publié par Économie Matin avançait une autonomie de 12 à 24 heures pour les châteaux d’eau. Cette durée ne pouvait pas être appliquée à tous les réseaux, car elle dépendait de la capacité du réservoir, de la consommation locale et de son niveau au moment de la panne.

L’idée générale restait néanmoins valable. Un château d’eau constitue une réserve, pas une source inépuisable. Sans remplissage, même la plus belle tour en béton finit par devenir un monument vide avec une jolie vue sur la commune.

La panne fut réparée avant que ce scénario ne se transforme en pénurie d’eau généralisée. Aucun manque d’eau important directement provoqué par l’incident ne fut signalé. L’événement démontra cependant qu’une panne touchant un seul opérateur pouvait avoir des conséquences bien au-delà des téléphones portables.

Les transports également perturbés

La SNCF disposait de ses propres réseaux pour la signalisation et la circulation des trains. La panne mobile ne risquait donc pas de faire disparaître les aiguillages dans un grand nuage de fumée. En revanche, les terminaux des contrôleurs, certaines communications internes et les services destinés aux voyageurs dépendaient des réseaux commerciaux.

Les taxis recevaient déjà une partie de leurs courses par téléphone ou par terminal mobile. Les compagnies aériennes utilisaient les appels et les SMS pour contacter leurs équipages ou prévenir les voyageurs d’un retard. Les passagers qui comptaient afficher leur billet sur leur téléphone pouvaient également se retrouver avec un écran parfaitement moderne, mais incapable de charger quoi que ce soit.

Électricité, gaz et services de secours

Les grands opérateurs de l’électricité et du gaz possédaient leurs propres moyens de communication. Eux aussi utilisaient cependant des réseaux publics pour certaines opérations, les équipes mobiles et les échanges avec leurs clients.

La panne posa également la question de l’accès aux numéros d’urgence. Même si les appels pouvaient parfois passer par un autre réseau disponible, cette possibilité n’était ni uniforme ni garantie dans toutes les situations. Après l’incident, l’État demanda un audit des infrastructures et des procédures de l’opérateur.

La leçon pour les survivalistes

La panne Orange du 6 juillet 2012 ne provoqua pas l’effondrement annoncé par les plus enthousiastes. Elle dura toutefois suffisamment longtemps pour montrer la fragilité des dépendances invisibles reliant les télécommunications, l’eau, les transports et l’énergie.

Pour un particulier, quelques précautions simples auraient permis de traverser l’incident sans difficulté :

  • Conserver une réserve d’eau potable à domicile
  • Garder un peu d’argent liquide
  • Imprimer les billets et documents importants
  • Posséder une radio fonctionnant sur piles
  • Noter sur papier les numéros et adresses indispensables
  • Prévoir une batterie externe pour le téléphone
  • Ne pas dépendre d’une seule application pour tout organiser

En 2012, la France découvrait qu’une panne mobile pouvait rendre une partie de ses infrastructures temporairement aveugle. Depuis, les systèmes se sont modernisés, mais notre dépendance aux télécommunications a également beaucoup augmenté. Le téléphone est devenu plus performant. Notre capacité à fonctionner sans lui, nettement moins.